Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen

Publié le par Dadouchka

Voilà un film qui met de l'été dans la fraîcheur du mois d'octobre! Tout se passe à Barcelone et ses environs où deux jeunes américaines, jolies, intelligentes et manifestement fortunées passent leur été. L'une, Cristina, blonde et sensuelle, cherche un chemin pour exprimer se créativité, et vivre une vie sentimentale exaltante. L'autre, Vicky, brune et cartésienne, travaille à sa thèse sur l'identité catalane, et planifie sa vie sur le modèle dominant et rassurant, mariage, enfants et jolie maison sur la côte est. Malgré toutes leurs différences, et l'accueil contrasté qu'elles font à l'invitation explicite d'un peintre local, charmé pour l'une et agacé pour l'autre, elles finiront toutes les deux dans ses bras. Mais l'intrigue ne prend son plein relief que quand intervient Maria Elena, l'ex femme du peintre, artiste comme lui, et particulièrement allumée. Le récit peut se comprendre comme une confrontation entre deux modèles de vie. D'un côté, la vie bohème et créative, hors des schémas classiques, la vie rêvée et sans cesse renouvelée, mais qui risque de conduire à une perpétuelle insatisfaction, et de pousser à aller toujours plus loin sans jamais atteindre un véritable équilibre. De l'autre, la vie réglée, organisée, prévue et prévisible, rassurante, mais que le moindre petit grain de sable, celui qu'on s'acharne à balayer, risque de faire basculer. Chaque personnage incarne complètement sa conception de la vie, en rencontre les limites, et malgré ça persiste au bout du compte. A noter cependant que, et ce particulièrement dans le cas de Cristina, ils ont matériellement la possibilité de tester autant qu'ils le veulent les modes de vie qui les attirent. Les "vous-et-moi" ne peuvent pas se permettre d'hésiter entre une vie bohéme ou une existence bourgeoise. Mais il est probable que beaucoup d'entre nous (en tout cas moi oui) se soient posé des questions sur ce qu'ils feraient de leur vie, finalement, si ils avaient les moyens financiers de s'affranchir d'un certain nombre de règles implicites auxquelles on se plie par la force des choses. Tout l'intérêt du film repose sur la légèreté avec laquelle le sujet est traité , pimenté de pointes d'humour et d'extravagance, en particulier les interventions intempestives de Maria Elena, et sur la douceur de l'atmosphère qui s'en dégage. On sent le soleil sur la peau, la caresse d'une brise, l'ombre d'un feuillage. C'est un film finalement aussi "tactile" d'intellectuel, et c'est sans doute son plus grand point fort.

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Publié dans Cinéma

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M
Bon trek, RV dans une douzaine de jours avec un reportage encore plus fun.<br /> Biz de toute la famille
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