ABC suite et fin
Nous en étions donc au sommet du Treck, le camp de base de l'Annapurna. Comme je l'ai déjà dit, nuageux, juste une éclaircie pour dévoiler le Machhapuchare, un sommet de presque 7000m. En dehors des lodges, il n'y a aucune habitation, avant que les trekkers et alpinistes arrivent là, personne n'y vivait. Les populations Gurung du massif, des Bouddhistes culturellement et physiquement proches des tibétains, fréquentent cependant l'endroit et y empilent des pierres en souvenirs de leurs défunts. Certaines piles prennent la forme de stupas et sont enrubannés de drapeaux à prière multicolores. Après avoir entrevu un bout de haute montagne et pris un thé avec deux anglaises avec qui on avait joué aux cartes a MBC, et un australien, on a entamé la redescente. Évidemment c'est plus facile pour les muscles et le souffle, mais pas pour les genoux! En montant vers le sommet le matin, on avait croisé un allemand dingo, qui était aussi avec nous à MBC la veille, et qui dégringolait en courant et espérait atteindre Pokhara en une journée. Il a du finir littéralement sur les rotules!!
Premier tronçon de redescente sans histoire si ce n'est que pour la première fois on a pris une averse sur le dos. On est arrives trempes a l'étape, appelée pompeusement Himalaya. La fatigue commence a devenir intense avec le froid et l'humidité. Donc repos, repos, repos! Au repas dans la salle commune, un américain jouait les médecins pour un porteur qui avait mal au ventre. Le pauvre type ne comprenais rien de ce qu'il devait faire avec ces pilules, et sans l'intervention des guides présents il n'aurait jamais ose les avaler. J'ai su plus tard que le porteur allait mieux et qu'il avait pu atteindre ABC avec son groupe sans encombre. Il y avait aussi une anglaise qui était contente de me voir arriver et de ne pas être la seule femme dans le lodge.
Le lendemain étape a Sinuwa, qu'on a atteint assez vite, en début d'après midi. J'étais tellement crevée que j'ai dormi tout l'après midi. La température redevient clémente mais la polaire est encore nécessaire. Attraction notable a Sinuwa, du moins pour ceux qui parlent Nepali: le lodge a la TV!! ça permet d'avoir des nouvelles sur le nouveau premier ministre, les grèves, manifestations... (c'est un peu le bazar en politique en ce moment au Népal).
C'était presque un lodge High Tech ce jour la, deux coréens se trimballant avec leurs mini PC en treck y ayant fait etape.
Le jour suivant on atteint Jhinudanda, par où on était déjà passés en montant. Il est prévu d'y rester un jour pour souffler. Il faut dire que l'endroit a un gros atout pour ça: des sources chaudes!! Juste au bord du torrent glace, en contrebas du village, de petits bassins de 40 cm de profondeur ont été aménagés, ou on peut faire trempette et se laisser ramollir tranquille. Délicieux pour les muscles après des jours de marche. Je me baigne en short et en tee-shirt. Même si j'avais un maillot de bain je ne le porterait pas. Les Népalais dans ces zones reculées sont déjà limite choques par les débardeurs, alors mieux vaut rester pudique. Au lodge il y a un tambour Népalais traditionnel, dont tout le monde joue plus ou moins, ambiance sonore pleine de percussions donc.
Le lendemain sera le dernier jour de marche, il pourrait y en avoir encore un, mais l'étape Siauly Bazar, qu'on a atteint a 12h, ne donne pas envie de rester. Une route y est construite, c'est beaucoup moins sauvage, on est plus vraiment en zone de treck. Je décide donc de terminer, et on rentre a Pokhara. A mesure qu'on approche de Naya Pool ou on rejoint la route, on traverse des zones bordées d'échoppes en tôle, plus ça va plus ça fait bidonville. Le retour a la civilisation est rude dans ce paysage pollue et sale. De Naya Pool, on a pris un bus local pour Pokhara: c'était la meilleure solution vu l'état d'ébriété des chauffeurs de taxi. Il a encore fallu deux heures pour arriver.
Heureusement, la zone autour du lac a Pokhara et son atmosphère paisible compensent les petits désagréments du retour. A l'hôtel on est accueillis chaleureusement par le patron de l'hôtel que Bimal connaît bien. Premier plat de viande depuis 10 jours, choisi pour moi par le patron: un régal, rien a envier a un resto français. Il m'explique qu'il ne fait cuisiner dans son hôtel que des légumes bio qu'il ramène lui même du terrai dont il est originaire. Et ils sont drôlement bons, tout croquants miam! Le meilleur plat que j'aie mange au Nepal (avec le pain Gurung du petit-dèj pendant le treck).
Et le treck s'achève sur une bonne nuit de sommeil. Si j'ai un peu de temps demain, je finirai le récit, sinon ce sera pour plus tard puisque je prends l'avion après-demain. Bises!