Patan, ville de beauté - 2

Publié le par Dadouchka

Tant de merveilles, ça donne faim, alors j’ai profité du restau du musée, situé dans une cour arborée du palais royal, et très calme. Ensuite, j’ai encore trainé un moment sur le Durbar Square, m’attardant sur les petits détails sculptés des temples, puis m’éloignant du centre dans les petites ruelles, à la découvertes des multiples petits temples qui y sont parsemés, et revenant encore pour rêver à une terrasse de café surélevée d’où je vois les femmes (et quelques hommes aussi) revenir de la fontaine, la jarre d’eau calée sur la hanche, les enfants rentrer de l’école, une femme porter sa production de légumes dans sa hôte pour aller les vendre. En redescendant, je suis abordée par une vendeuse de bijoux : elle a glissé des dizaines de colliers et bracelets à ses poignets et me les tend pour me tenter. Mais j’ai décidé d’attendre pour faire ce genre d’achats. Alors on discute un moment, elle me dit qu’elle est née ici à Patan, et qu’elle y a toujours vécu, et que c’est toujours ici à Durbar Square, qu’elle vient vendre ses babioles. Il y a en quelque sorte, des « territoires » de vente, si elle s’aventurait à faire la même chose sur un autre lieu touristique, elle aurait surement des ennuis avec les vendeurs habituels de l’endroit. Elle est allée à l’école, mais c’est surtout dans la rue, au contact des touristes, qu’elle a appris l’anglais. D’autres vendeuses nous écoutent, dont une petite fille d’une dizaine d’année, qui me propose de visiter son école de peinture. Je la suis, ce n’est pas très loin. En fait d’école c’est avant tout une boutique. Comme à peu près toutes les autres boutiques/écoles que j’ai pu voir par la suite : la boutique est gérée par un maitre qui peint lui-même, et des élèves étudient en produisant de nombreuses thangkas à la chaine. Ça leur permet d’avoir différents niveaux de qualité et donc de prix à proposer. Le prix dépend donc du niveau de l’exécutant, qui a un impact sur la finesse des détails, de la taille, du temps passé, des matériaux utilisés. Un petit thangka exécuté par un étudiant, c’est l’entrée de gamme, puis il y a ceux réalisés par les artistes professionnels, souvent les maîtres des précédents, et enfin, il y a les « master pieces », œuvres des moines dans les monastères bouddhistes, qui dégagent en plus une sorte d’aura de sainteté. D’ailleurs ce sont avant tout des peintures religieuses, destinées à devenir supports de méditation, chargées de symboles et racontant l’histoire sainte. Bien sur on essaye de me vendre une peinture, mais pour ça aussi, ce n’est pas encore le moment, je vais encore crapahuter pas mal, je ne peux pas trop m’encombrer. Donc je m’en vais et je cherche le temple d’or.

L’accès en est payant, pour entretenir le site et faire vivre la communauté de moines qui y habite. Et il faut retirer ses chaussures. Quand j’arrive il y a une cérémonie, des femmes toutes vêtues de la même façon, avec le sari newari, puis des hommes coiffés du petit chapeau traditionnel, font des offrandes. Une gamine traîne ses guêtres là, et engage la conversation, elle tchatche beaucoup, m’explique un tas de trucs sur le temple, je ne comprends pas tout tant elle parle vite et son anglais est un peu approximatif. Elle est vive et mignonne, pose pour des photos, et puis au bout d’un moment me demande du chocolat !! Je lui dis que je n’en ai pas, et elle me répond que je peux lui en acheter au coin de la rue ou lui donner de l’argent pour qu’elle l’achète elle-même ! Je ne m’étais pas méfiée, je la croyais avec une des personnes venues pour la cérémonie. Je ne peux pas vraiment lui en vouloir, petite fille débrouillarde qui tente comme beaucoup de jeunes garçons le font aussi,  et bien sur tous les pseudo-guides et petits vendeurs, de grappiller un petit morceau de la richesse des touristes. Mais voilà, elle devrait plutôt être à l’école, dégourdie comme elle est, avec un peu d’éducation, elle s’en tirera s’en problème. Alors je lui dis que j’apprécie beaucoup de discuter avec elle, mais que ça n’implique pas forcement de ma part une rétribution. A elle de voir. Et c’est vite vu : « goodbye ! », il y a peut-être des touristes plus généreux quelque part ! Je retourne à ma contemplation du temple : il mérite bien son nom, couvert d’or du sol au toit. S’agit-il vraiement d’or ou de simple peinture dorée ? A priori plutôt des plaques de cuivre dorées et ouvragées. Très richement décoré de dragons, éléphants, statues de dévots et de bouddhas, un grand vajra, et comme dans le temple aux milles Bouddhas, 4 singes, à chaque coins de la cour intérieure devant le temple. Au milieu de cette cour, un temps plus petit. Je traine, je prends mon temps, beaucoup de photos, j’examine les petits détails. Un petit vieux me fait signe et baragouine quelques mots, je n’y comprends rien, si ce n’est qu’il me montre l’étage. On peut monter apparemment, et à l’étage il y a un petit temple ou quelques moines sont en prière. Enfin, ça n’a rien de commun avec ce qu’on pourrait voir dans une église. Ça ressemble au monastère vu à Pokhara, avec une statue de Bouddha au fond et courant le long des murs, deux rangées de tables basses, avec livres et objets religieux. Les moines présents sont assis en tailleurs devant des livres, ils lissent tout en psalmodiant. Le petit vieux fait tourner l’énorme moulin à prière à l’entrée et continue à marmonner quelque chose à mon attention, puis il m’entraîne à faire le tour de la pièce, montrant les peintures aux murs et marmonnant toujours. A la fin, il me montre une poignées de photos qu’il tient dans sa poche, des photos d’identités de touristes qui les lui ont laissées, ça à l’air de lui faire plaisir. Je trouve ça touchant, mais je n’en ai malheureusement pas à lui laisser.

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Publié dans Voyage Népal

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